RÉUNION DE SECTION MARS 2015

Compte rendu de la réunion de la section Corée des Conseillers du Commerce Extérieur de la France du 25 mars 2015 


Le Président a tenu en préambule à remercier Emmanuel Rousseau, Directeur du bureau français de coopération à Pyongyang, pour sa présence à cette réunion spéciale afin de partager son expérience de la Corée du Nord. Compte tenu du format inhabituel de la réunion, il est souhaité ne pas procéder à un tour de table sectoriel.

1. Intervention d’Emmanuel Rousseau

Emmanuel Rousseau est le deuxième directeur en poste depuis la création en juillet 2011 du bureau français de coopération en Corée du Nord et a pris ses fonctions au mois de novembre 2013. Il s’agit de son premier séjour à Séoul, bien qu’il ait occupé plusieurs fonctions en tant que diplomate au sein de la zone Asie.
La France est représentée de cette manière à Pyongyang du fait des hasards de la diplomatie et est le seul pays européen dans cette configuration. Aucune évolution n’est d’ailleurs à prévoir à court terme et la France devrait rester le pays européen à ne pas avoir de représentation diplomatique à Pyongyang. Pour Emmanuel Rousseau, après quatre mois et demi de quarantaine, la Corée du Nord apparaît aujourd’hui plus stable que jamais sur le plan politique, la réalité économique étant toutefois beaucoup plus fragile. La récente période de quarantaine a été pour la Corée du Nord un moyen de se ressouder autour de la famille Kim, qui tient le pays depuis soixante dix ans sans que cela ne fasse l’objet de signes de contestation.
La Corée du Nord reste aujourd’hui confrontée à de nombreux problèmes sur le plan énergétique, des réserves en eau et de l’alimentation en électricité. Le cadre juridique des investissements est extrêmement peu sécurisant puisqu’il n’existe aucune garantie que les intérêts économiques soient bien protégés et aucune possibilité de recours ne peut être envisagée. S’agissant des relations entre la France et la Corée du Nord sur le plan économique, seul le groupe Lafarge a des opérations sous la forme d’une joint venture gérée par Lafarge Chine. Le groupe Sanofi avait, pour sa part, été sollicité pour améliorer le système de santé et fournir des vaccins mais aucune suite n’a été donnée sur ce sujet. Au total, l’on compte une dizaine de joint ventures entre des groupes étrangers (Pologne, Chine notamment) et des groupes nord coréens. Emmanuel Rousseau a par ailleurs rappelé la liste des sanctions qui se présentent pour les pays qui commerceraient avec la Corée du Nord :

sanctions américaines dans le domaine bancaire ;
sanctions des Nations Unies pour ceux qui chercheraient à participer au développement du programme nucléaire nord coréen, à y exporter des armes ou des produits de luxe.
sanctions européennes avec le même type de secteurs couverts que pour celles des Nations Unies.

En réponse à une question sur les relations de la Corée du Nord avec la Chine et la Russie, Emmanuel Rousseau a signalé que ces deux pays entretiennent les deux plus grosses ambassades. Un rapprochement significatif est en train de s’opérer entre Moscou et Pyongyang, la Russie exhortant la Corée du Nord à s’abstenir de faire un nouveau tir nucléaire ou un lancement de missiles. En contrepartie, la Russie s’engage à faire rentrer Kim Jong Un dans le cercle de la communauté internationale.
A la question concernant la représentation de la Corée du Sud, Emmanuel Rousseau a insisté sur le fait que le Sud est considéré comme une marionnette des Etats Unis. La Corée du Nord se positionne comme le seul gardien de la coréanité et a su préserver la pureté de la race. S’agissant de la question de la réunification avec le Sud, il s’agit avant tout d’une affaire inter-coréenne qui ne concerne aucun autre pays comme les Etats Unis, la Russie et la Chine. Cette approche se fonde sur une déclaration de juin 1972, de juin 2000 et d’octobre 2007 signée par le Nord et le Sud. Pour le régime nord coréen, l’unification passe par la mise en commun de certains secteurs d’activités tout en gardant des régimes politiques distincts.
En conclusion et en réponse à une question sur l’image de la France en Corée du Nord, Emmanuel Rousseau a indiqué qu’elle était globalement bonne sur le plan diplomatique avec la volonté pour les Nord coréens d’établir des relations diplomatiques avec la France.

2. Mot de l’Ambassadeur

En conclusion de cette réunion, Jérôme Pasquier a souhaité faire un point d’actualité et a notamment rappelé les évènements suivants :

le forum mondial de l’eau à Daegu du 12 au 17 avril avec la visite de deux députés et la présence des directions générales de grosses entreprises françaises ;
le forum mondial de l’éducation à Incheon au mois de mai avec la visite d’Annick Girardin, la Secrétaire d’Etat française au développement et à la francophonie.

S’agissant de la visite du Président Hollande, aucune date de visite n’a été confirmée à ce stade. Ont ensuite été soulignés :
la mission de l’AEFE pour avancer sur le projet de déménagement de l’école ;
le changement d’Ambassadeur coréen en France et son remplacement au mois d’avril par un ancien directeur du centre culturel à Paris ;
la signature d’un beau contrat pour Airbus Helicopter pour la construction de 314 appareils.