Compte rendu de la réunion de la section Corée des Conseillers duCommerce Extérieur de la France du 27 Juin 2012

La section Corée des conseillers du commerce extérieur s’est réunie le 27 juin 2012 dans les locaux de l’institut français de Seoul.


1)       Point du service économique (B. Gauthier)


1) Situation économique


i. La venue de l’économiste en chef en poste à Tokyo a été l’occasion d’une analyse en profondeur de la situation de l’économie coréenne à partir d’un ensemble d’interviews avec des experts portant sur trois thèmes : croissance court terme, dette et croissance long terme

ii. Croissance court terme : tendance à la baisse – On prévoit 3% maximum, éventuellement aussi peu que 2.5% pour 2012. Toujours 4% pour 2013. La Coree est impactée de façon négative par le ralentissement de la croissance en Chine, plutôt que par la crise de la zone Euro. La Chine (y compris Hong-Kong) représente 30% des échanges internationaux coréens.

iii. Dette : l’endettement des ménages, avec 140% des revenus disponibles et 75% du PIB constitue un record mondial ; par contre, les actifs détenus représentent le double de cette dette ; la formule de « propriétaires pauvres » est évoquée ; mais en fait l’endettement est localisé sur les classes moyennes inférieures et sur Seoul ce qui peut faire redouter une crise sociale en cas de retournement du marché immobilier ; la marge de manœuvre du gouvernement est donc étroite entre baisser les taux d’intérêt et contenir l’inflation



iv. Dette : la dette publique est un peu difficile à évaluer ; les chiffres officiels du ministère des finances donnent 33% du PIB, meilleur score de l’OCDE ; le chiffre révisé aux normes GFS est de 66% (incluant les engagements de l’état sur les pensions et retraites des fonctionnaires et militaires) ; en utilisant la norme européenne (entreprises publiques comprises), on arrive à 100%. Il est difficile de trancher sur le chiffre le plus représentatif. 33% autorise une comparaison internationale plus facile mais ne représente pas la réalité coréenne où en particulier le rôle des entreprises publiques est essentiel y compris pour la mise en œuvre de politiques sociales comme logement, bas cout des utilities comme électricité… ; une preuve est que les conditions d’endettement des entreprises publiques sont équivalentes à celles offertes à l’Etat coréen. En prenant la norme européenne, on arrive donc à 100%, pour 70% en France ; mais il faut reconnaitre que la Coree a de meilleures perspectives de croissance à court / moyen terme qui rendent crédible l’objectif d’équilibre budgétaire en 2014 ; les deux principaux risques sont : 1) l’accroissement de l’état providence en particulier pour protéger les personnes âgées (54% sont considérées pauvres) ou pour développer les services à la personne ou pour les enfants ; 2) la dette des entreprises publiques et le caractère non soutenable des politiques sociales indirectement subventionnées par les pertes des organismes / entreprises publics (Korean Land Corporation, KEPCO…).

v.Perspectives de croissance long terme : les perspectives sont relativement positives à moyen terme, mais nettement moins encourageantes à long terme ; 1.7% de croissance est prévu en moyenne sur la décennie 2030 ; les principales raisons sont : vieillissement de la population, baisse de la natalité, perte de productivité ; en particulier le taux de fertilité est de 1.2, le plus bas au monde (politique dénataliste des années 70/80, cout de l’éducation, statut de la femme sur le marché du travail…) ; une longue liste de mesures possibles (immigration, place de la femme dans la société, accords de libre-échange, croissance verte, réforme de l’éducation, productivité des services…), mais rien de convaincant a l’échelle du problème.

2) Séminaire carbone


Bon succès avec 120 participants en séance plénière et 200 aux ateliers. Sur le plan qualitatif, tous les décideurs attendus sont venus. Contenu dense des présentations, débats très actifs. Beaucoup d’actions de suivi pratique sont engagées. Cote coréen, pas de grand scoop ; les priorités restent l’urbanisme et la construction, la qualité de l’air et la gestion des mobilités. Demande croissance pour les bilans thermiques des bâtiments.


 2)       Tour de table


Energie / environnement


i. Le scandale sur des fournitures nucléaires continue de faire couler de l’encre et crée un climat plus difficile pour l’acceptance publique du nucléaire en Coree, en particulier pour les populations locales ; ce nouveau climat ouvre quelques perspectives pour les entreprises étrangères car la Coree recherche des cautions en matière de sureté et qualité

ii. Certains appels d’offre publics mettent des barrières presque insurmontables pour les entreprises étrangères (conditions d’utilisation des technologies, limites imposées au support technique du siège, conditions de payement…)

iii. Peu de marchés publics de toute façon en raison de l’assèchement des financements ; par contre, marché soutenue pour les petits clients (mise à conformité, niches technologiques…)

Transports


i. Aéroport d’Incheon : trafic passager +10%, fret -6% ; la croissance du trafic passager est un peu artificielle du fait de la crise de Fukushima il y a un an ; rentabilité en baisse.

ii.  L’aéroport de Roissy se modernise. Ouverture fin juin du nouveau satellite 4 au Terminal E. Tous les vols étrangers hors Schengen d'Air France et de ses partenaires sont en cours de regroupement au Terminal E.

Construction


i. Demande croissante et meme étonnante pour le ciment, indicateur de constructions neuves; par contre, marche plâtre en baisse

Luxe


i. Apparition récente de barrières non tarifaires croissantes (affichage, règles d’origine…)

ii. Ralentissement à Hong-Kong depuis un mois ; la Chine ralentit un peu aussi (mais reste forte)

iii.  Les grandes marques continuent d’investir très fortement en Coree

Pharmacie


i. Le ministère vient d’accréditer 43 entreprises avec le titre de société pharmaceutique innovante, mais curieusement une seule est étrangère et choisie pour un motif diffèrent (usine en Coree) – Le message passé est à contre-courant de l’intérêt croissant des sociétés multinationales pour développer de la recherche en Coree sur une modèle « open innovation »

ii. Dérèglementation timide et plutôt politique de la distribution des médicaments, avec un mouvement a deux sens prescription ó « over the counter » et une très modeste ouverte de quelques médicaments OTC vers les conveniences stores ouverts 24 heures sur 24 avec la condition de mettre à disposition des conditionnements pour une journée seulement.

iii. Sanofi fait partager son expérience des nouveaux canaux de distribution (internet / home shopping…) pour les produits grand public (suppléments).

Juridique


i. Nouvelle règlementation sur les retraites qui entre en vigueur à compter du 26 juillet 2012 ; les paiements anticipés aux salariés (« interim severance payment ») ne sont plus autorisés  sauf quelques exceptions limitées (dont logement, santé et éducation).

ii. Décision de la cour suprême du 29 mars 2012 qui étend la définition du salaire de base (« ordinary wage ») ; les bonus fixes doivent être réintégrés dans le salaire de base (avec impact sur le calcul des congés payés, heures supplémentaires, retraite…). Le délai de prescription pour le paiement d’arriérés de salaires étant de 3 ans, les conséquences financières pour l’entreprise sont non négligeables en cas de réintégration. Plusieurs actions judiciaires sont en cours.

Consommation


i. Lunettes: demande croissante pour les produits à haute valeur ajoutée (importes) ce qui crée un problème pour les distributeurs qui avaient joue l’offre locale dans le passe privilégiant les marges court terme au détriment de l’offre consommateur

Ressources humaines


i. Tendance à la hausse des plans de restructuration ; adaptation des organisations au potentiel de croissance à moyen terme et absence de reprise prévue pour le second semestre 2012

ii. Climat social difficile en cette année électorale ; les syndicats ont des demandes salariales très fortes (> 10%) et des accords se négocient entre 6 et 7%