Compte rendu de la réunion de la section Corée des Conseillers duCommerce Extérieur de la France du 18 avril 2012

1)     Point du service économique (B. Gauthier)




  1. Situation économique


i.         La prévision de croissance est revue à la baisse de 3.7% à 3.5%. Même si la crise européenne s’apaise, le ralentissement de la Chine et surtout les risques inflationnistes pèsent sur l’économie

ii.         Une première simulation du gouvernement (officieuse) sur la dette publique selon les nouvelles normes comptables coréennes (intégration des collectivités publiques) montre un ratio dette / PIB de 60%. Une simulation réalisée par le service économique sur la base des critères européens (agences publiques incluses) donne 102%.

iii.         Moody’s vient de relever la note de la Corée de stable à positif, décision fondée sur des fondamentaux solides et la perspective d’un retour à l’équilibre budgétaire en 2014.

iv.         La balance commerciale de la Corée enregistre un excèdent de 2.3 milliards d’Euros pour mars, mieux que février mais en réduction par rapport à mars 2011. Navires et électronique en baisse particulièrement.




  1. Performance commerciale de la France en Corée


i.         La part de marché de la France a baissé de 1.7% à 1.1% en 10 ans ; les Etats-Unis et le Japon ont régresse de manière plus spectaculaire. La Chine est le grand gagnant mais l’Allemagne aussi progresse et l’Italie se maintient, maintenant à égalité avec la France.

ii.         Les exportations de biens de haute technologie ont beaucoup progresse tirées par l’aéronautique et le spatial ; les technologies moyennes aussi grâce à Renault-Samsung (composants automobiles) et plus récemment Peugeot (véhicules). Les biens à faible contenu technologique progressent aussi grâce au luxe et a l’agro-alimentaire. Le gros déficit vient des biens à contenu technologique moyen-faible, secteur ou la part de marché allemande vaut trois fois la France

iii.         L’analyse qualitative montre que la France se concentre sur le haut de gamme avec des prix élevés et pas forcément la qualité le justifiant ; la réactivité et le suivi des relations commerciales sont souvent insuffisants ; la maitrise des circuits de distribution est faible, les cadres export étant plus souvent des techniciens

Discussion sur le succès italien malgré une faible présence en Corée. L’exemple des pâtes alimentaires est donné, totalement dominé par les sociétés italiennes ; prix bas et maitrise des circuits de distribution.




2)    Tour de table





  1. Energie / environnement


i.         Finalement, sans surprise, l’acteur chinois n’a pas été retenu sur le marché électrique coréen.

ii.         Enjeu de sortir des distributeurs pour passer en direct sur les EPC.

iii.         Plusieurs accidents industriels, pas rapportés par la presse mais résultant dans un gel des investissements et un fort programme de remise à niveau.

iv.         KEPCO développe ses propres technologies et devient un EPC. La Corée risque de passer du statut de marché à celui de concurrent. Le marché « power » reste cependant porteur sur le court terme.

v.         Les projets municipaux sont gelés ; pas de financement.

vi.         Le sommet nucléaire a été l’occasion pour la Corée de confirmer son volontarisme (40 réacteurs prévus pour 2030, pas de changement malgré Fukushima) et ses ambitions à l’export.




  1. Transports


i.         Difficile négociation des tarifs entre l’exploitant de la ligne 9 de métro (près de la faillite) et la ville de Seoul.

ii.         L’ETS (Emission Trade System) est effectif depuis le 01 janvier 2012 dans l’UE. Toute compagnie aérienne ayant des vols de et vers l’Europe est soumise à ce mécanisme de Cap & Trade. Devant l’opposition exprimée par nombre d’Etats non membres de l’UE et les réserves des compagnies européennes (risque réel, par exemple de détournement de trafics vers des hubs hors espace aérien européen), un groupe de travail a été constitué sous l’égide de l’OACI et doit rendre ses propositions fin 2012.




  1. Construction


i.         Très peu de nouveaux projets. Attentisme jusqu’après les présidentielles (fin 2012).




  1. Luxe


i.         La mode continue de croitre à deux chiffres mais les cosmétiques stagnent (certaines marques se tirent bien d’affaire).

ii.         Marché montres en hausse de 2% seulement avec une situation très contrastée selon les marques. Pas de reprise attendue avant le second semestre

iii.         Marche lunettes stagnant en volume mais les produits à forte valeur ajoutée sont recherchés. Les circuits de distribution (petits magasins de quartier) restent archaïques.

iv.         Boom continu du duty free tiré par le tourisme chinois (200 vols quotidiens sur Incheon vers 27 villes chinoises)

v.         Le chiffre d’affaires des grands magasins est en baisse, sans reprise attendue avant Q4 2012. Inversement, explosion du commerce par internet.

Les modèles de distribution sont en transformation. Les projets de boutiques en propre se multiplient en particulier dans une rue de Seoul appelée à devenir un haut lieu de prestige si les autorités municipales se donnent la peine d’un aménagement approprié.




  1. Banques


i.         Les activités de financement sont très réduites en raison du deleveraging et des problèmes de financement en dollar

ii.         Inversement, les activités « marché » sont en pleine croissance, en particulier les obligations internationales pour les grands groupes coréens

iii.         Le régulateur porte l’idée que les banques pourraient être forcées à s’incorporer localement. Les conséquences seraient majeures.

iv.         Le régulateur coréen tente d’intervenir sur l’inflation des titres des cadres et veut limiter les titres « Isa » (Directeur) et au-delà a de vrais positions de responsabilité juridique. A suivre. Ce mouvement pourrait être étendu à d’autres secteurs et avoir des répercussions importantes sur la gestion des ressources humaines.




  1. Pharmacie


i.         La plupart des entreprises locales ont renoncé à poursuite le ministère de la sante en justice sur la baisse des prix. 3 petites entreprises qui ont poursuivi le procès jusqu’au bout ont perdu, l’intérêt général étant jugé supérieur aux intérêts particuliers des entreprises

ii.         A la suite de cette baisse de prix historique, les acteurs locaux, en particulier génériqueurs, sont à la recherche désespérée de partenariat avec les entreprises étrangères.

iii.         L’amélioration du système de prix des nouveaux produits annoncée par le ministère de la sante est décevante et très en deçà des engagements du groupe de travail de Q4 2011




  1. Juridique


i.         Marche M&A : les cessions sont en baisse après une activité importante en 2011 (recentrage sur les métiers fondamentaux). En 2012, les projets d’acquisition (ou JV) sont en hausse, y compris renaissance de projets anciens mis en sommeil.




  1. Digital et nouveaux medias


i.         Explosion du marché des data centers en raison du boom du « gaming », et du risk management (blackout électrique, back-up à Pusan pour des entreprises japonaises)




  1. Ubifrance


i.         Seoul Food avec deux pavillons français

ii.         Délégation des vins de Bourgogne puis délégation des vins de Bordeaux

iii.         Mission de deux pôles de compétitivité : textiles techniques et agro-alimentaire

iv.         Initiative « You buy France » de vitrine virtuelle (Internet) de l’offre française ; 6,500 entreprises exposées et un objectif de 11,000 pour la fin de l’année.